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samedi 5 novembre 2011

L'agence "Standard & poker" dégrade la cote de Djé !

Mon mini festival à Dublin vient de s'achever à l'instant.

Faire un bilan à chaud n'est pas toujours très recommandé mais je peux tout de même tirer quelques enseignements de ma campagne irlandaise.

D'abord, mon "edge" poker en situation live a singulièrement fondu, d'où le titre ironique de ce billet. Je n'ai pourtant pas trouvé que le niveau des deux tournois était particulièrement relevé mais il n'en reste pas moins que j'étais au mieux un joueur moyen dans ce field; Et moyen au poker, eh bien  ce n'est pas assez !

Jouer ces deux tournois m'a paru difficile. Mon jeu était incontestablement en-dessous de ce que je croyais pouvoir produire. En vrac, je dirai que je manquais d'expérience live, de concentration, de détermination et d'imagination.

dimanche 9 octobre 2011

Où vont les gens qu'on aime quand ils s'en vont ?

Malgré mon âge que beaucoup de faux amis qualifient de "vénérable", je ne joue au poker que depuis cinq ans.

Cinq ans ..... autant dire une éternité !

A l'époque, tous les rêves étaient permis et nous étions nombreux à nourrir de hautes ambitions. Il est vrai que le poker était en plein boom et les opérateurs online faisaient pleuvoir l'argent, les voyages VIP, les contrats de sponsoring, etc ...
Oh bien sûr, rares étaient ceux qui avouaient leur secret espoir de vivre de leur passion mais de près ou de loin, nous avions tous cet objectif dans un coin de notre âme.

Cinq ans plus tard, aucun d'entre nous n'a vraiment concrétisé ses ambitions secrètes  ...

vendredi 7 octobre 2011

Stefal, victime de la "guerre des logos" !

Nous connaissons tous Stefal, blogger de renommée dans le monde francophone et grand amateur de poker.

Dans son dernier billet que je vous invite vivement à lire : Personae non gratae "l'autre homme au chapeau" nous narre la mésaventure dont il a été le héros malgré lui hier, au Casino de Namur.

En deux mots, Stefal, sponsorisé par Golden Palace, a rencontré les pires difficultés pour accéder au Main Event du PBT sous prétexte que le Casino de Namur avait décidé subitement que seuls les logos de Pokerstars et du Casino de Namur étaient désormais permis dans leur salle de poker.

Tout le monde s'accorde à penser que traiter un joueur, un client, de cette manière relève d'un manque total de respect. Certains ajouteront sans doute que ce n'est hélas pas la première fois en ce lieu ...

samedi 24 septembre 2011

Nous sommes tous des bisounours !

Depuis le "Black Friday", il ne se passe pas une semaine sans que la presse poker ne se fasse l'écho d'une tricherie, d'une arnaque ou d'un vol perpétré par l'un ou l'autre joueur.

Bien sûr, il y a toujours eu des "mauvais garçons" autour ou à proximité des table et nous avons tous connu ces "connaissances" qui nous taxent de quelques dollars sous prétexte que leur carte de crédit "ne passe pas" puis "oublient" de rembourser leur dette.
Bien sûr, nous avons connu, bien avant le vendredi noir, la terrible fraude perpétrée sur ultimate bet / absolute poker.
Bien sûr, nous nous souvenons tous de ce stupide joueur qui, après avoir survendu ses parts d'un tournoi à 10.000 $ (il avait encaissé plus de 16 000$) n'a pas eu la présence d'esprit de "buster" avant la table finale et s'est retrouvé avec pas mal d'argent et ... l'obligation de payer 1,5 fois ce qu'il avait gagné à ses stackers.

mercredi 21 septembre 2011

Pauvre poker ...

Ceux qui me connaissent savent que je fais vraiment peu de tournois live. Lorsque j'accepte d'éteindre mon ordinateur et de coiffer mon Stetson de combat, c'est généralement pour des parties amicales ou des festivals à l'étranger.

Samedi dernier toutefois, j'ai, après beaucoup d'hésitations, pris le chemin de Spa, à 130 km de mon domicile, afin d'honorer une invitation de poker770 à participer au Freeroll Festival qui ponctuait l'accord de coopération entre la room européenne et le casino local.

mardi 6 septembre 2011

Les petits ruisseaux ...

Je l'ai sans doute déjà écrit mais jouer (quasi) sans bankroll est une expérience particulièrement éprouvante, surtout quand, comme moi, on a eu la chance de n'avoir nul besoin de "cash in" pendant des années.

Certes ma balance poker reste largement positive et le poker m'a véritablement enrichi tant en argent cash qu'en avantages en nature. J'ai découvert la Slovénie aux frais de poker770. J'ai logé dans un palace en Autriche, palace où je suis arrivé en hélicoptère grâce à Full Tilt. J'ai découvert les buildings d'Australie (encore Full Tilt) et j'y ai emmené un ami (grâce à Party Poker cette fois).

jeudi 1 septembre 2011

Interview sulfureuse ...

Grand amateur de scoops devant l'Eternel, j'ai décidé de vous faire part d'un entretien récent que j'ai eu avec le Diable en personne. Contrairement à ce que vous pourriez penser, celui qui a plus de surnoms que Stefal a de pseudos est d'une grande disponibilité.
En fait, j'ai profité de sa présence sur mon épaule gauche lors d'un MTT online : il était en duel avec un petit ange sur mon épaule droite et comme j'ai fini par l'écouter (et buster donc ...), j'ai obtenu en compensation une petite interview sur le sujet "poker" .

-- Djé : D'abord permettez-moi de vous féliciter pour votre tenue. Je m'attendais aux cornes et aux oreilles en pointe mais là vous me bluffez : short décontracté, chemise ample, santiags, vous vous la jouez Mark Vos ou quoi ?
-- Satan : En fait, dans mon métier, faut se fondre dans le décor. Bon, la chemise fait un peu négligé mais j'ai du virer mon sweat Full Tilt, il commençait à sentir le soufre ...

lundi 8 août 2011

Proficratie immédiate et radicale ....


Avertissement aux lecteurs : si vous cherchez dans ce qui suit une perle humoristique ou un rafraîchissant petit texte sur le monde coloré des joueurs de poker, passez votre chemin ...


Coluche a dit : "Le capitalisme c'est l'exploitation de l'Homme par l'Homme, le communisme, c'est le contraire .....".

Dans la vie comme au poker, j'ai souvent l'impression d'évoluer dans un univers où l'immédiateté, le profit personnel et la violence ont pris le pas sur des valeurs devenues ringardes.

Impossible de ne pas tirer de parallèles entre l'évolution du poker et celle du monde qui nous entoure.

vendredi 5 août 2011

Arché(sales)types de joueurs : les nains (partie 2)


- Miroir mon beau miroir ... t'as fini avec ton pokaire là ? Tu vas enfin pouvoir me dire qui est la plus belle en ces contrées ?
- Oh toi la greluche, tu commences à me courir sur la dorure avec tes crèmes de jour ! Je reflète les tables de hold'em là tout de suite ! Et crois-moi, même s'ils ont un moins gros nez que toi, les nains en action derrière une pile de jetons, c'est très esthétique !

..... tiens Prof par exemple !

Alors lui c'est une synthèse ! Imaginez-vous à table, isolé des bruits par un monstrueux casque hi tech qui vous distille un prélude de Bach, la compil de Chantal Goya ou les chansons paillardes de Mamy Mamelon ...

Isolé du bruit, certes, mais pas des nuisibles !

Quelque chose vous touche le coude avec insistance ... c'est Prof qui communique ! Vous voyez ses lèvres bouger mais les coups de bâton du guignol de Chantal vous empêchent d'entendre. Par politesse, vous soulevez une oreille (pas votre oreille hein .... celle du casque).

Erreur fatale !

Car Prof a un avis sur tout et il le fait généralement savoir à un de ses voisins, sur le ton de la confidence (pas de bol, le voisin choisi c'est moi, toujours !) : "là je ne comprends pas, il n'a vraiment pas la cote pour payer" ... "ah mais on ne colle pas une sur-relance hors position, c'est stupide ça !" ... "Vous savez, jouer pour votre brelan avec si peu de profondeur ce n'est pas vraiment rentable à long terme." ... "si si, ça se colle ça, y a quand même la cote implicite et bla bla bla" .....

Ce qui est très con chez Prof, c'est que ses conseils sont souvent avisés, un peu comme si sa raison d'être à la table était de faire monter le niveau de ses adversaires. Ah ça pour vider l'aquarium, il sait s'y prendre notre Prof ! Et ça marche : la moitié des victimes de ses remarques n'ose plus jouer, l'autre moitié s'énerve et joue encore plus mal. Et moi .... ben j'essaie de ne pas entendre la montagne de platitudes pokériennes qu'il débite comme une litanie ...

Remarquez j'ai un truc pour pacifier le Prof : j'invente des noms de stratégies : il me parle de New York Back Raise ? Je lui réponds "Et le Los Angeles stormships tu maîtrise ?", il me dit "Set Mining", je lui parle du "Accouchement d'une ventrale par césarienne", il me parle de tirages EV+, je lui invente le concept de suckout equity ....
RA DI CAL ! Il se tait dix minutes puis .... touche l'épaule de son autre voisin avec insistance et moi, je monte le volume de mon iphone ...

.... ou alors Grincheux ?

Très à la mode les Grincheux dans le poker moderne. Look mal rasé furibard à qui on n'oserait même pas demander l'heure. Lorsqu'ils font une relance, c'est carrément la séquence de "50 millions d'amis" dans laquelle le chat sauvage double de volume pour protéger sa portée ! Gare à celui qui voudra revendiquer le pot !

Pour eux le croupier est toujours trop lent, les adversaires trop "weak", le coca trop tiède et la structure trop merdique !

Parfois, ils te font l'aumône d'un semblant de conversation "t'as les as ?" "Tu veux que je te paie ?" "ça y est t'as touché ta couleur, espèce de djouweu d'kermesse" et autres amabilités proférées avec froideur, mépris rudesse.
Lorsqu'il colle, il fait voler ses jetons, lorsqu'il relance, il pousse négligemment une pile de jetons qu'il a fait semblant de ne pas compter, lorsqu'il se couche c'est en claquant ses cartes sur la table, faces cachées bien sûr !

Quand, au grand soulagement de la table, Grincheux finit par sortir sur un hypothétique coin flip, ils se lève brutalement, en marmonnant un truc du genre "et voilà, c'est toujours comme ça, toujours pour ma gueule, je joue bien et ce sont les abrutis qui gagnent !" puis quitte la table dans un grand bruit de chaises. Sans un salut ni un regard en arrière.

Dommage d'ailleurs car s'il regardait, il verrait les "survivants" se congratuler mutuellement d'avoir niqué le prédateur, tout ça sous le sourire complice du croupier qui se met à dealer plus vite, juste comme ça, par plaisir !

.... ou Simplet, mon préféré !

Dans la dure guerre des Simplets du poker, ce qui compte, c'est d'avoir le kiki le plus dur !
Qu'importe les cotes ou les outs, le Simplet va vous payer, flop et turn pour toucher sa ventrale ou sa couleur. Faut pas lui en vouloir, il ne joue pas vraiment au poker, il joue juste aux cartes et ce qu'il lui faut c'est de l'adrénaline, pas un ROI positif !

Parlez-lui d'équité, il vous répondra "Euromillions !"

Véritables kamikazes des tables, ils te "troudecutent" avec un out à la rivière et, non contents de t'envoyer ad patres (et au bar par la même occasion), ils s'écrient sans aucune retenue pour ta peine : "mais oui hein !! Qu'est-ce que tu crois mec, on me prend pas mes jetons comme ça hein ! Allez hop ... tout pour papa !".

Les Simplets te montrent toujours leurs bluffs. C'est vrai quoi, à quoi ça sert d'être aussi brillant si personne ne sait que tu as fait tapis à 300 blindes avec air, obligeant ton abruti d'adversaire à coucher sa top paire kicker moyen". Ils se tournent alors vers un pote une ou deux tables plus loin pour lui raconter très bruyamment le bon tour qu'ils viennent de jouer ici.

Véritable insulte au poker matheux, les Simplets peuvent sauter très vite pour devenir des Simplets de Rail. Aussi bruyants et aussi barbare qu'à table, ils soutiennent alors ceux qui parmi eux, ont inévitablement fait assez de victimes pour monter un tapis qu'ils dilapident sous l'oeil goguenard de leurs congénères !

Surtout, surtout ne leur dites pas qu'ils sont en tilt, car si vous en arrivez à cette extrémité, c'est sans doute que VOUS venez de perdre votre sang-froid et que vous allez inévitablement finir comme "pigeon" dans l'une de leurs histoires !

.... et Dormeur ? et Atchoum ?

Eh là attendez, vous croyez que TOUS les nains jouent au poker ? Qui ferait le croupier alors ?

mercredi 3 août 2011

Arché(sales)types de joueurs : les nains (Partie 1)

- "Miroir, mon beau miroir, quelle est la plus belle en cette contrée ?"
- "Ecoute blondasse, y en a marre de te voir te coller le pif là où je réfléchis ! Tu veux pas que j'te parle plutôt des nains qui te matent les seins pendant que tu roupilles ?"
- "Ah mais non alors ! Les nains sont gentils certes mais d'abord ils ne parlent que de boulot, ensuite ils ont le tuyau d'échappement un peu près du bitume, pis z'ont un gros nez .... notamment ...."
- "Ouais ça c'est pour le cinoche ma blonde pétasse, dans la vie de tous les jours, y taffent au casino tes raz-du-gazon, au poker pour tout te dire.
- "Rolalaaaa mais c'est épatant ce que tu me dis mon bon miroir ! Mais encore faudrait-ils qu'ils gagnent des sous à défaut de me chauffer la liquette par leur beauté subtile .... ils gagnent ?
- "Ah ça ma petite pomme, au poker, tes copains ... c'est pas des nains !"

Tiens, Timide par exemple ...

Il entre dans le casino comme un oiseau investit la terrasse couverte d'une croissanterie. Sa tête se tourne sans arrêt vers ce qui brille ou ce qui bouge. Les nerfs à vif, il sursaute au moindre bruit. Il répond aux salutations des joueurs par un borborygme murmuré, les yeux fixant le sol.

A table, il s'installe au bord de sa chaise, ses pieds au sol. Il semble soulagé à chaque fois qu'il regarde ses cartes et découvre une poubelle. S'il a osé venir avec son sweat à capuche, il s'en couvre la tête tel un jawa (*) égaré dans un festival rock !
Parfois, il a un jeu et, les yeux tournés vers le plafond où il cherche une aide hypothétique, il s'autorise un "raise" prononcé d'une voix à peine audible, deux octaves au-dessus de la plus haute note du répertoire d'un castrat.
Ses mains s'agitent malgré lui, ses jetons s'écroulent sous ses doigts animés d'une vie propre; une sur-relance prononcée virilement par le bourreau de la table et le voilà tel Pat Garrett après un échange d'amabilités plombées avec Billy The Kid. Il semble touché au foie, esquisse un mouvement de chute, ses tempes se mettent à perler.
Dans un ultime effort, il tente de prononcer le mot "tapis" mais sa voix lui fait défaut, il pousse alors ses piles de jetons branlantes vers le milieu de la table en mimant le mot "all in" à la seulle intention du croupier .....

Vous en serez à votre deuxième verre au bar qu'il n'aura pas fini de ranger les jetons qu'il vous a pris !

Ou alors Joyeux ?

Alors lui il m'énerve ! Un sourire qui semble faire le tour intégrale de son crâne, une démarche faite de petits bonds successifs, toujours à la limite de l'orgasme quand il croise quelqu'un qu'il connaît et à qui il peut débiter sa litanie habituelle : "Tu sais le poker, pour moi c'est secondaire, ce qui compte pour moi, c'est revoir les potes, passer du bon temps, me marrer, boire des pintes ..."

A table, s'il tire le siège à côté de toi, considère que tu viens de vivre ton premier bad beat ! Il n'arrête pas de te parler d'un tas de trucs allant de la marque de sa nouvelle bagnole aux étonnants maux de tête nocturnes de sa femme en passant par les mains qu'il vient de folder, bien entendu, parce que "franchement, y en a qui jouent avec ça hein Djé, tu te rends compte, et après ils te suckoutent ! Mais moi j'm'en fous tu sais, pour moi les jetons, c'est que du plastoche hein, je saute je saute, du moment que je puisse dire à ma femme que j'ai passé une bonne soirée avec mes potes. Enfin, si elle a pas encore cette foutue migraine, je t'ai dit qu'elle avait refusé de voir un spécialiste ? bla bla bla bla .....".

Ca ne coupe pas, après trente minutes de calvaire, je n'ai plus qu'une envie : sortir "Joyeux" de cette table afin qu'il aille dérouler son sourire colgate ailleurs, loin, très loin !
Argh .... mais c'est qu'il est difficile à sortir le bougre ! Adepte du dicton "one chip, one friend to talk", il foldera même les as s'il estime que "c'est trop tôt hein Djé, imagine que le mec touche sa main, je vais m'emmerder là tout seul au bar hein ? "

Terrible stratégie que celle de Joyeux ! En tout cas avec moi ça marche, je finis par m'écraser sur son monstre avec mon hypothétique 7-2o, rien que pour avoir le droit de ne plus l'entendre : "c'est con ça Djé, t'étais pas en forme hein ? Ca arrive, c'est pas grave, on en reparle tout à l'heure si tu veux ...."

(à suivre)


jeudi 16 juin 2011

Prospère WSOP ... là boum !

Rhoooo le vilain jeu de mots !

En plus, pour le comprendre il faut avoir connu Maurice Chevalier, ce qui ne rajeunit pas le Djé !

Pourtant oui, les WSOP 2011 sont prospères alors même que nombre de médias nous promettaient une désaffection majeure suite à ce qu'on a appelé le Black Friday.

C'est que les ricains n'avaient plus accès à leur sous depuis que le FBI avait décidé de faire des misères à Pokerstars, Full Tilt et autres rooms.
Même Phil Ivey boycottait le festival dans un communiqué cinglant, réalisant là : (*biffer la mention inutile)
- 1. un coup médiatique pour sauver son image très détériorée par les agissement de son sponsor
- 2 un geste remarquable envers les joueurs de poker américains
- 3 un coup médiatique ET un geste remarquable

Et puis, surprise, les premiers événements se sont plutôt bien remplis. Et puis les records d'affluence ont commencé à être pulvérisés. Et puis .... tout le monde semble oublier les prédictions catastrophistes d'il y a un mois.

Analyse djéesque : puisque les joueurs américains, qui n'avaient pas accès à leur bankroll, sont venus quand même, et vu le succès du festival, je me dis que d'une part, les pros ne sont pas stupides et ne laissent pas TOUTE leur bankroll sur une room online, et d'autre part, je me dis que quelques semaines sans se faire plumer par les pros suffisent au joueur moyen pour se faire un ou deux events WSOP !

Donc là j'ai expliqué "prospère" ... maintenant le "là boum !"

C'est simple, ces WSOP ont confirmé si besoin était que le poker en live suit inexorablement la tendance du poker online, à savoir le culte du risque maximum et de la piqûre d'adrénaline toutes les trois minutes !

Il vous suffit de regarder la vitesse à laquelle les joueurs partent dans le rail. Un petit exemple, dans le 1500 NLHE, lors du day2, un joueur "bustait" toutes les cinq minutes en moyenne.

La tendance s'était déjà esquissée lors des Aussie Millions en janvier.

Au début était la technique, la prudence et la survie, ensuite est venu le temps de la terreur avec des joueurs capables de faire des 5bet avec pas lourd. Mais le temps des "moutons" est désormais révolu !
Aujourd'hui, personne ne croit plus personne et il n'est pas rare de voir des deepstack se transformer en boucherie dès le premier niveau de blindes.

Poker d'hommes, poker burné, poker loterie .... c'est le nivellement par le bas, suffit de payer et d'espérer que l'autre est en carnaval ! Et si ce n'est pas le cas, on a encore de la suckout equity !

Alors oui, là ... boum !

samedi 4 juin 2011

Un poker d'artisan !

A l'heure des lumières et des fastes des Championnat du Monde de Poker où tout joueur, fût-ce dans un coin de son égo, souhaite être présent et briller de mille feux, j'ai la furieuse envie de remettre en valeur les gagne-petit, les tâcherons, les coureurs de championnats locaux, les amoureux des coins d'ombre ... les artisans du poker.

Bien obligé me direz-vous ! Quand on n'a plus gagné de prix à quatre chiffres depuis un an et demi, on a une certaine tendance à trouver les raisins trop verts (vous savez, ceux qui sont trop haut !) ou à manger des merles (fautes de grives ...)

Pourtant, cette période de disette a tout de même du bon. Elle oblige à se poser les bonnes questions, LA bonne question : pourquoi jouons-nous au poker ?

Répondre en choeur : "pour gagner de l'argent" reviendrait à enfoncer des portes ouvertes, la question est plus subtile : pour quelleS raisonS (au pluriel, j'insiste !)) nous acharnons-nous à tâter cartes et jetons ou à caresser notre souris chaque soir que Gus Hansen fait !

Pour moi la question est particulièrement difficile car j'ai eu la chance de gagner vite et de façon conséquente ! Même aujourd'hui, alors que mes aventures Holdémiques et omahesques tournent le plus souvent au cauchemar, j'arrive encore à retirer un léger bénéfice de mes activités liées au poker (piges, coachings, assistance technique, petits gains aux tables ...)
Mais bon, si nous ramenons ça au sempiternel taux horaire, je suis plus près des émoluments de la femme de chambre new yorkaise que du loyer de DSK !

Et pourtant il joue ....

Et pourtant nous jouons ... tous. Malgré les rivières de la Reine des Rooms, malgré les relanceurs russes, malgré le taux de frustration "moyen" du poker qui nous offre une joie immense pour des milliers de hurlements dépités.

Pour ma part, et dans le désordre, je dirais l'argent, les potes, le défi intellectuel, l'adrénaline, l'égo et le goût pour les chapeaux voyants. J'insiste, ce hit-parade est cité dans le désordre !

Mais j'ai dû m'interroger maintes fois pour admettre que l'argent n'était pas le moteur principal ! Et l'obligation financière de revenir à des buy in modestes et un rythme moins soutenu m'ont bien aidé à me faire cette révélation : je suis un artisan poker.

Oh, je suis capable de "grinder" des sit'n go pendant des heures, j'ai les outils informatiques pour jouer 12 tables en même temps et j'ai tenté cette terrible aventure du "Volumeur Poker mais, au bout du compte, je n'y trouve pas le mien !

J'aime les fields réduits, les balbutiements d'une nouvelle room, les championnats locaux, partager mon unique table en ligne avec mes potes via teamviewer pour avoir leur avis sur mon jeu.
J'aime prendre le temps de comprendre mes adversaires, d'apprendre de mes erreurs, bref de tailler ma pierre poker à la main, doucement, avec amour !

Comme un artisan !

vendredi 29 avril 2011

"Si tu savais comment je me suis fait sortir !"


L'action se passe un vendredi soir (à moins que ce soit un samedi), au casino de Namur, ou de Spa, ou de Foufnies-lez-berdouilles ... en fait peu importe.

L'homme vient de se lever de table, ses jetons, partis vers le milieu de la table, ne sont pas revenus vers lui mais partis vers un autre homme qui semble ne pas en croire ses yeux. Notre homme quand à lui semble avoir vieilli d'un coup. Il ressemble à un boxeur qui vient de se prendre une patate par surprise. D'abord surpris, puis groggy, puis décontenancé, désorienté.

Puis c'est l'amertume, le goût de fer dans la bouche, alors que monte en lui cette envie irrépressible d'expliquer, de raconter ... Ses yeux se tournent vers le bar à la recherche d'une victime à l'épaule accueillante.

- "Alors t'es out ?" s'exclame le propriétaire de l'épaule convoitée.

Il n'aurait sans doute pas dû dire ça !

Nous avons tous vécu ce moment où un pote, une vague connaissance et même parfois un illustre inconnu nous choisit comme témoin de l'injustice du Destin ou de l'imbécilité de son bourreau du jour. Il nous raconte par le menu le coup tel qu'il s'est joué (souvent il dit vrai mais pas toujours !), nous détaille le pourquoi du comment et cette incroyable malmoule qui fait qu'il est là, en train d'ankyloser notre épaule, et non à table en train de finir de détrousser ce si pathétique adversaire.
Au fond de lui, il sait que si nous sommes là, au bar, c'est que nous aussi avons eu notre moment de cruauté du Grand Architecte Pokérien. Mais pas de doute, sa peine est plus grande que la nôtre, son bad beat est plus horrible que le nôtre, son talent .....

Neuf fois sur dix, "Epaules Compatissantes" ou un de ses voisins va répondre en racontant à son tour comment il s'est fait sortir, aujourd'hui ou lors d'un autre tournoi. Son histoire doit être bien plus injuste et terrible. C'est la règle des perdants et de leur égo blessé : il faut être le meilleur même dans la défaite.

Surtout dans la défaite !

Le problème c'est que lors d'un tournoi où participent 200 joueurs, il y a 199 perdants potentiels et qu'ils sont presque tous au bar.

Ca en fait des épaules malmenées .....

Bande de faux culs que nous sommes ! Dans la plupart des cas, nous n'en avons strictement rien à faire de ces histoires de bad beats. Ce n'est pas que le joueur de poker est une âme froide ou un mauvais camarade, c'est juste que c'est dans la nature du hasard (et donc du poker de court terme) d'être, euh ... comment dire ... hasardeux ?
Du coup, ces chasseurs d'épaule sont tellement nombreux que si on les laisse faire, la tendinite claviculaire pourrait devenir une maladie professionnelle des joueurs live !

Allez, avouez ! Parfois c'est vous le bad beaté du soir, le malchanceux de service, le marqué du destin, le souffre-douleur des croupiers ! Et c'est parce qu'il y a toujours bien un joueur "qui s'y colle" et accepte de 's'user l'épaule' pour vous que lorsque c'est votre tour de voir arriver un "accidenté de la river", vous prenez un air inspiré et l'écoutez calmement vous débiter son passage aux enfers avant de lui répondre avec une fausse humanité et un vrai talent d'acteur : "ouais, affreux ça, ... tu bois quelque chose ?"

lundi 7 mars 2011

Les belges paieront-ils leurs impôts en FPP ?

Depuis janvier, ça discute sec dans le microcosme des joueurs de poker du Plat Pays.

C'est que, ma bonne dame, désormais il y a une loi qui devrait permettre de mettre de l'ordre dans ce fatras numérique qu'est le poker en ligne.

Le législateur a bonne conscience ! Il veut protéger le joueur de ses compulsions, comme il l'avait fait récemment en envoyant tous les amateurs de poker jouer ... dans les casinos ! C'est vrai que là au moins, l'environnement est sain, sans autres tentations que quelques machines à sous ou l'une ou l'autre table de roulette. Rien de tel que de mettre le soi-disant sport cérébral qu'est le poker dans un environnement de pur gambling pour réaffirmer haut et fort qu'après tout, notre passion n'est rien d'autre qu'un "biesse" jeu de hasard !

Là, on passe un cap supplémentaire puisqu'il s'agit de mettre au pas les énooorrrmes opérateurs en ligne cachés sur des îles aussi paradisiaques que peu regardantes en termes de fiscalité ou de législation contraignante. Terminé, fini, basta ! Désormais, y aura des licences mon bon Monsieur, et les serveurs devront être en Belgique nom de dieu ! Et faudra 21 ans pour jouer et faudra pas perdre trop de dollars de l'heure et faudra pas non plus faire jouer le gamin à votre place dans le daily dollar sinon crac dedans ! La loi est dure mais c'est désormais la Loi et elle ne réprime pas que les opérateurs mais aussi ces brigands de joueurs qui continueraient à mettre en péril la Sureté Nationale en jouant sur les rooms interdites ...

Sauf que .....

Pour obtenir la fameuse licence, faut aussi disposer d'une licence pour un casino en dur. Un vrai, pas un virtuel hein ! Et là ça se corse puisque chez nous, à ma connaissance, y a Circus qui détient des licences pour Namur et Spa, Partouche qui détient des licences pour Knokke, Chaudfontaine, Ostende et Dinant, le casino de Bruxelles qui appartient à je ne sais qui et aussi deux petits casinos à Middelkerke et Blankenberge (mais ces deux-là comptent-ils vraiment ?).

Voilà qui réduit quelque peu l'"ouverture au marché" prônée par l'Europe. Pas de doute, la loi, d'application depuis janvier risque bel et bien d'entrer en conflit avec la volonté européenne de libre concurrence.

Certes Poker Stars a déjà fait son marché en se mariant avec Circus, certes Partouche a déjà vendu une de ses licences à son propre groupe (Partouche si si !), mais quid des autres opérateurs petits ou grands tels Full Tilt, Titan, Poker770, Bwin, Unibet et les autres qui voudraient sans doute eux aussi trouver un point d'ancrage en Belgique et qui vont s'apercevoir qu'avant même que les arrêtés royaux soient promulgués, il n'y aura plus de licence disponible sur le territoire belge ?

Car les arrêtés royaux ne sont toujours pas publiés ! Alors même que Pokerstars.be et Partouche.be sont déjà une réalité, aucune application de la Loi ne peut être envisagée !
Certes la Commission des Jeux de Hasard a déjà envoyé un courrier aux principaux opérateurs en leur demandant de "ne plus être accessibles" aux belges mais personne ne bougera tant que les arrêtés d'application ne seront pas promulgués ! Et ce n'est pas pour tout de suite !

En effet, l'Europe et le Conseil d'Etat doivent donner un avis sur les textes proposés et même si celui-ci ne sera pas contraignant, nul doute qu'il pèsera lourd dans le débat !

Du côté des pionniers que sont partouche et Stars, on propose déjà aux belges de 21 ans et plus de jouer sur les nouvelles plate-formes. C'est un test hein, aucun des deux opérateurs n'a encore sa licence officielle !

Alors, côté partouche, jusque là, rien que des jeux entre belges ..... c'est aussi animé qu'un enterrement mormon !
Côté Stars, ça démarre plutôt bien : pas d'augmentation du rake (la taxe belge est semble-t-il assumée par l'opérateur), du cash game entre belges et des sng et mtt où tous les belges peuvent affronter les joueurs du monde entier, comme avant. Point négatif, il semblerait que les Frequent Poker Points et les récompenses stellaires subissent un rabotage dû à la loi ... pour les gros joueurs, ça risque de faire un joli manque à gagner quand même si ça se confirme !

Côté serveurs, il y aurait effectivement des serveurs partouche et PS en Belgique. Pour autant, m'étonnerait que la Commission des Jeux de chez nous puisse jeter un oeil à l'algorithme de jeu mis en place (sauraient-ils d'ailleurs le décrypter ?), tout au plus auront-ils accès aux bases de données et aux historiques des belges. Question protection du consommateur, c'est léger !

Voilà, les joueurs sont dans l'ensemble contents (c'est vrai que vu ce qui se passe en France ou en Italie, on n'est pas à plaindre) et Poker Stars va sans doute nous gratifier de beaux événements dans nos casinos locaux, ce qui est un plus pour le poker belge.

N'empêche, je reste sur ma faim et continue à hurler mon envie de voir une vraie législation européenne courageuse et novatrice, venir balayer ces lois nationales d'un autre âge et mettre enfin de l'ordre dans ce poker online qui n'en finit pas de cacher ses méthodes et ses bénéfices dans des lieux où nous, joueurs, n'avons pas le droit de leur demander des comptes !

mardi 9 novembre 2010

Mini Wsop - Un phacochère en table finale !


Dans l'article "copains comme cochons", je vous parlais récemment de la team non officielle "Les Phacochères Taquins" composée de Pbatbass, Mehden et de votre serviteur.

Il n'aura fallu qu'un petit mois avant que les "trois petits cochons" inaugurent leur palmarès international et c'est Mehden qui nous a fait cet honneur à l'occasion du main event des mini wsop de Dublin organisés de main de maître par JP Events.

Denis "Mehden" Godart fut mon tout premier élève dans la feue école de poker du forum wallonie poker. Il possédait déjà à l'époque un fond de jeu remarquable et était animé d'une envie féroce d'apprendre, d'apprendre et d'apprendre encore !
En très peu de temps, ce borain pur porc est devenu un joueur solide et redouté et quelques jolis résultats à trois puis quatre chiffres sont venus étoffer son palmarès.
D'élève, Denis est devenu un ami et même s'il lui arrive encore de m'appeler "coach" (comme tous mes élèves, je dois avoir une tête d'entraîneur ^^) et même si nous travaillons toujours notre poker ensemble, j'apprends désormais autant de lui qu'il apprend de moi.

D'une droiture et d'une gentillesse hors du commun, Denis sait pourtant se faire respecter à une table de poker. Son look et son calme olympien y sont sans doute pour quelque chose ...
Il m'a avoué hier qu'en table finale, sa tension n'a pas bougé d'un poil : il était zen, concentré, totalement maître de ses émotions.

En terminant quatrième de ce tournoi très relevé, Mehden inaugure son classement Hendon Mob de belle manière. Et comme il avait eu la bonne idée de se faire stacker une partie du tournoi, il s'est fait aussi quelques fans de plus ^^.

Evidemment, en tant que coach et après la très belle 19e place de Pierre "come on Pit" Salme au dernier BOPC, mon égo a pris quelques centimètres. J'ai le sentiment, à voir la progression de ces deux-là que mon ouvrage a été utile et que je suis pour un petit quelque chose dans ces moments de gloire ...
Cela dit, on ne fait pas un cochon de course avec un cochon de bois (ouiiii normalement c'est un cheval pas un cochon, c'est juste une liberté littéraire rolala ...) et lorsque je peux modestement (ou pas) permettre au talent naturel d'un joueur de s'épanouir, j'en retire certes une fierté légitime (ou pas ^^) mais tout égo mis de côté, le rôle du coach reste mineur.

Cela n'enlève rien à mon plaisir de voir un compagnon de poker, un pote, un ami réussir à concrétiser un de ses rèves.

Surtout quand ce cochon là a fait sienne sa devise : "un esprit sain dans un porcin !"

mercredi 23 juin 2010

L'équipe de France n'en avait rien à foot !

Je vais vous l'avouer tout de suite : je ne suis pas un vrai fan de foot ! Certes je m'emballe un peu quand le Standard de Liège (que je supporte depuis tout gosse, ce qui est en soi un exploit !) remporte un ou deux titres ou lorsque les diables rouges font trembler le Brésil (si si, on l'a fait !). Pour le reste, je m'intéresse de loin au championnat national et quasi pas du tout à la Ligue des Champions.
Toutefois, la Coupe du Monde a un goût particulier avec ses équipes atypiques et l'engouement de tous ces supporters qui caracolent dans nos rues avec leurs drapeaux nationaux et leurs tenues de supporter bigarrées.

Et puis il y a les Français, qui jouent avec tout sauf avec leur pieds : la tête de Zidane, la main de Henry, le coup de gueule d'Anelka, les bras (croisés) du groupe, la queue de Riberi (oups !) et le cerveau quelque peu atypique de Domenech.

Au début, ça fait rire ! Ils sont un peu concons ces hexagonaux qui ridiculisent leur drapeau par leurs frasques délirantes. Tout le monde s'en mêle et on voit même une ministre qui fait une conférence de presse pour dire qu'elle a "grondé" les petits .... ça fait rire, au début .....

Seulement voilà, la morale de cette histoire, c'est sans doute qu'il n'y en a pas : on commence par donner un coup de boule à un mec qui nous insulte, on spolie l'équipe la plus fair play d'Europe en s'aidant de la main, on insulte l'entraîneur, on fait grève, on parle de traîtres, et on rentre à la maison parce qu'on a oublié l'essentiel : jouer au foot.

Dérive du football pognon ? Peut-être un peu. Ce qui est sûr c'est qu'on n'apprend pas aux jeunes footeux des académies le sens de la mesure, le fair play ou la gestion du stress (ou alors y en a qui séchaient les cours !). Pourtant, les stars africaines ou sud-américaines ne semblent pas touchées par cette folie "à la française".

Là ou le reste du monde nous donne une leçon d'identité et d'amour de leur pays, nombre d'européens se la jouent "nouvelle star" ou "koh lanta" en oubliant au passage que la Coupe du Monde, c'est ce qui se fait de mieux question football !

Mais de ça, les joueurs français n'en avaient visiblement rien à foot.

lundi 26 avril 2010

Mort d'un héros

La scène est douloureusement banale : une caméra de surveillance d'une artère très fréquentée d'une grande ville des Etats-Unis nous montre un homme allongé sur le trottoir. Sa tenue vestimentaire semble indiquer qu'il s'agit d'un SDF. Les passants sont aussi nombreux que pressés et indifférents. Ils contournent le corps en jetant parfois un simple regard, totalement insensibles à l'apparente détresse de cet homme qui, manifestement, perd son sang. Un quidam ira même jusqu'à photographier notre SDF sans pour autant lui prêter assistance !

Douloureusement banal .....

Plus tard, quand la caméra de surveillance aura livré ses secrets, nous nous apercevrons que l'homme au sol a en fait tenté de porter secours à une dame agressée par un voyou. L'agresseur finira par s'enfuir, poursuivi par notre SDF mais ce dernier, poignardé à plusieurs reprises, finira par s'écrouler, juste sous l'oeil de la caméra.

Un passant finira par s'inquiéter de cet homme ensanglanté sur le trottoir et appellera les secours qui seront là en seulement quelques minutes. Trop tard hélas, l'homme est décédé bien avant leur arrivée.

Il me serait facile de fustiger l'attitude des promeneurs, de faire une diatribe sur l'indifférence humaine, sur les préjugés qui pèsent sur les sans domicile fixe et autres mendiants qui font le quotidien de nos rues et trottoirs.

Mais le problème voyez-vous, c'est que j'ignore totalement si moi, je me serais arrêté pour lui porter secours. J'ai envie de vous dire que oui, que probablement ma conscience m'aurait ordonné de faire mon devoir d'humain ....

A ma grande honte, je vous avoue que je n'en sais rien !

jeudi 15 avril 2010

En attendant des jours meilleurs

Compagne du joueur de poker régulier, la mauvaise passe est sans aucun doute une des choses les plus difficiles à vivre car elle finit par mettre celui qui la subit en situation de doute.

Le "bad run" que je traverse en ce moment n'a rien de particulier. Il n'est pas plus brutal que les précédents, il n'es pas plus long, il n'est pas plus injuste et il ne met pas (encore) ma bankroll en péril.
Pourquoi diable me touche-t-il autant ? Comment se fait-il qu'avec l'expérience, je sois encore aussi sensible à ces périodes de jeu que je sais inévitables pour un joueur de tournoi ?

J'ai envie de dire qu'il est particulièrement horrible, que je suis le seul au monde à subir une telle injustice, que tous les "fish" du monde ont décidé de me faire la peau ... mais ce serait pur mensonge.

Comme le dirait Fox Mulder, la vérité est probablement ailleurs. Quelque part dans mon cerveau, quelques neurones récalcitrants refusent d'accepter le fait que je puisse être puni quand je joue bien. Certes ils acceptent avec joie que je sois récompensé quand je joue mal mais si l'inverse se produit, ils se cabrent, font la gueule et mène des actions syndicales qui font ressembler la zone de confiance logée sous mon chapeau à un car de japonais qui auraient tous oublié leur appareil photo.

Alors je résiste comme je peux : je refuse de publier mes bad beats, je garde les épaules bien droites quand mes jetons vont au milieu, sans (trop) de craintes que l'unique out de mon abruti d'adversaire fasse une apparition meurtrière à la rivière, j'évacue au plus vite les frustrations d'hier et d'avant-hier qui m'ont vu sorti après plusieurs heures de combat alors que mes adversaires priaient Sainte-Chatte-des-gambleurs pour que leurs 30% d'espoir de remporter le pot se transforment en un "ben oui - une chance sur trois j'ai bien fait de la prendre !".

Et je bosse, j'étudie, je conseille au mieux ceux qui m'ont choisi comme coach. J'essaie de limiter mes erreurs, j'essaie de garder le moral, ...

J'essaie de survivre jusqu'aux jours meilleurs.

Et si d'aventure, je pars en vrille sur skype, il n'y a qu'un petit nombre d'entre vous qui le sauront ... et je compte sur votre discrétion ^^