dimanche 9 octobre 2011

Où vont les gens qu'on aime quand ils s'en vont ?

Malgré mon âge que beaucoup de faux amis qualifient de "vénérable", je ne joue au poker que depuis cinq ans.

Cinq ans ..... autant dire une éternité !

A l'époque, tous les rêves étaient permis et nous étions nombreux à nourrir de hautes ambitions. Il est vrai que le poker était en plein boom et les opérateurs online faisaient pleuvoir l'argent, les voyages VIP, les contrats de sponsoring, etc ...
Oh bien sûr, rares étaient ceux qui avouaient leur secret espoir de vivre de leur passion mais de près ou de loin, nous avions tous cet objectif dans un coin de notre âme.

Cinq ans plus tard, aucun d'entre nous n'a vraiment concrétisé ses ambitions secrètes  ...


Cinq ans plus tard le poker a changé. Les opérateurs online sont devenus bien moins généreux, les mauvais joueurs ont échangé leur passivité coupable contre un jeu de roulette russe tout aussi peu rentable mais qui  a fait découvrir à leurs adversaires, les affres de la variance, les Etats ont décidé de prendre leur part du gâteau, les tricheurs de tous poils ont envahi les lieux, les braqueurs se sont mis à fréquenter les casinos bien plus EV+ que les banques ou les convoyeurs de fonds.

Entretemps, nous avons tous lu Poker Mindset et cette phrase qui tue : le poker est un jeu à petites marges !


Aujourd'hui, le poker n'est plus un rêve romantique. Full Tilt, Ultimate Bet, Chris Ferguson, Chino Rheem, Howard Lederer sont passés du statut de pourvoyeurs de rêve à celui d'acteurs aux mains sales. William Hill ne lutte plus contre les robots tricheurs mais en installe à ses propre tables. Pour stacker un joueur, il faut presque passer par un avocat au risque de se faire gruger.

Pour gagner et pour rester gagnant, il faut se battre, étudier sans relâche, faire du volume ... et espérer être remarqué et être considéré comme "bankable".

Alors les rêveurs se découragent. Ils diminuent progressivement leur investissement personnel dans la discipline et pensent à autre chose.
Et comme ils jouent moins et n'évoluent plus, ils finissent par s'arrêter et passent à autre chose.

J'en ai croisé beaucoup, de ces pionniers de la première heure, qui avaient cette étincelle dans le regard et qui ont fait du poker une passion essentielle, voire même parfois carrément monomaniaque. Beaucoup étaient mes potes, certains étaient mes amis et voir des proches quitter ma passion m'est toujours aussi douloureux.

Et ces temps-ci, ils sont bien plus nombreux !

Quant à moi, je reste. Si j'ai aussi parfois imaginé une vie consacrée au poker, cela n'a jamais été davantage qu'une lubie, un rêve, comme celui que font tous ceux qui prennent un ticket de loterie. Sans réellement y croire mais après tout qui sait ?

Je me contente de tenter de rester gagnant aux tables de tournoi, de "louer" mes compétences de pigistes à l'un ou l'autre site, de dispenser de temps à autre, mes connaissances accumulées. Et surtout de continuer à avancer à mon pas, à mon rythme, dans cette fabuleuse discipline.

Un jour peut-être, ma passion pour le poker s'éteindra aussi mais je sais déjà que j'emporterai le regret d'avoir quitté la table sans en avoir fait le tour !

post scriptum : inspirés par les trop nombreux départs de mes "amis de poker", les mots de ce billet ont aussi fait trotter dans ma tête cette chanson de Fugain qui lui a donné son titre :



MICHEL FUGAIN OU S'EN VONT par GALAUTHO






6 commentaires:

  1. Rien n'est éternel amigo, profitons de l'instant présent et souhaitons à ceux qui s'en vont ou déjà parti le meilleur.

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  2. Dire que le chemin est long est une évidence...
    Le poursuivre n'est pas faire preuve pour autant de désillusion.
    Bonne route....

    Arcanes

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  3. en me relisant, je donne la fausse impression que je ne m'amuse plus aux tables. Rien n'est plus faux ! Je prends toujours beaucoup de plaisir à faire évoluer mon jeu et à partager la flamme avec les potes qui sont restés :)

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  4. ola,quel beau billet!!!je continue a te suivre dans l'ombre et attend ton prochain gros resultat qui (re)viendra c'est sur!tu fait partie des( tres rares) personnes que je regrette de n'avoir plus le temps de cotoyer,nous avons partages de supers moments de poker et autres,mon plus beau souvenir une ballade a 2600m d'altitude!!!bonne route l'ami...
    un ex de la bande (re)devenu pecheur

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  5. ola Noël ! Plaisir de te lire ici !

    Oui j'ai quelques photos de cette montée sur les sommets autrichiens (j'étais pas fier avec mon vertige et mes chaussures glissantes ! :o)

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