jeudi 15 avril 2010

En attendant des jours meilleurs

Compagne du joueur de poker régulier, la mauvaise passe est sans aucun doute une des choses les plus difficiles à vivre car elle finit par mettre celui qui la subit en situation de doute.

Le "bad run" que je traverse en ce moment n'a rien de particulier. Il n'est pas plus brutal que les précédents, il n'es pas plus long, il n'est pas plus injuste et il ne met pas (encore) ma bankroll en péril.
Pourquoi diable me touche-t-il autant ? Comment se fait-il qu'avec l'expérience, je sois encore aussi sensible à ces périodes de jeu que je sais inévitables pour un joueur de tournoi ?

J'ai envie de dire qu'il est particulièrement horrible, que je suis le seul au monde à subir une telle injustice, que tous les "fish" du monde ont décidé de me faire la peau ... mais ce serait pur mensonge.

Comme le dirait Fox Mulder, la vérité est probablement ailleurs. Quelque part dans mon cerveau, quelques neurones récalcitrants refusent d'accepter le fait que je puisse être puni quand je joue bien. Certes ils acceptent avec joie que je sois récompensé quand je joue mal mais si l'inverse se produit, ils se cabrent, font la gueule et mène des actions syndicales qui font ressembler la zone de confiance logée sous mon chapeau à un car de japonais qui auraient tous oublié leur appareil photo.

Alors je résiste comme je peux : je refuse de publier mes bad beats, je garde les épaules bien droites quand mes jetons vont au milieu, sans (trop) de craintes que l'unique out de mon abruti d'adversaire fasse une apparition meurtrière à la rivière, j'évacue au plus vite les frustrations d'hier et d'avant-hier qui m'ont vu sorti après plusieurs heures de combat alors que mes adversaires priaient Sainte-Chatte-des-gambleurs pour que leurs 30% d'espoir de remporter le pot se transforment en un "ben oui - une chance sur trois j'ai bien fait de la prendre !".

Et je bosse, j'étudie, je conseille au mieux ceux qui m'ont choisi comme coach. J'essaie de limiter mes erreurs, j'essaie de garder le moral, ...

J'essaie de survivre jusqu'aux jours meilleurs.

Et si d'aventure, je pars en vrille sur skype, il n'y a qu'un petit nombre d'entre vous qui le sauront ... et je compte sur votre discrétion ^^

1 commentaire:

  1. Très bel article Djé. Sache que je suis de tout coeur avec toi. Comme tu le sais, je passe une période similaire à la tienne mais le plus important c'est que je suis entourer de personnes exceptionnelles et mon moral ainsi que ma patience son maintenant retrouvés. Alors Sit down and chips it now ;-)

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